L’ensemble

« Les Heures du jour » ?
De Lamartine à La Fontaine – et retour

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« Aimons donc, aimons donc ! De l’heure fugitive, hâtons-nous, jouissons !
L’homme n’a point de port, le temps n’a point de rive ; il coule, et nous passons ! 
»

Lamartine

 

Nous le savons tous, la musique est l’art du temps.
Un temps que les sons sculptent, diluent, étirent.
La musique transfigure le temps, quelle que soit l’heure du jour ou de la nuit. L’imaginaire musical distend, enrichit ou abolit notre temps contingent, celui du quotidien – qui devient autre : immatériel, suspendu.

Placer ces quelques mots sous le signe de Lamartine n’a rien d’anachronique. Son temps est celui du romantisme. Et nos musiciens des « Heures du jour », rompus aux répertoires baroques, ne s’interdisent rien, ne se forgent comme limites que celles de leur curiosité.

« Sur les ailes du temps, la tristesse s’envole. Le temps ramène les plaisirs » écrivait La Fontaine qui aimait à rappeler « diversité, c’est ma devise. » Une devise que Gilone, Emmanuel et tous leurs complices pourraient faire leur, tant ce jeu sur les temps les amène à choisir des partitions et des formations différentes. Au gré des humeurs de l’heure… Car ces « Heures du jour » aiment partager avec des musiciens complices depuis de longues années.

Leurs projets se reflètent dans les mots du Lac de Lamartine : « Laissez nous savourer les rapides délices des plus beaux de nos jours ».
Baroque, classique, romantique : comme les jours, ces périodes artistiques se suivent et ne se ressemblent pas. Prenant leur liberté – mais toujours sur des cordes en boyau, partenaires aussi indispensables que privilégiés – les projets de nos musiciens cherchent une empreinte sonore. Ils sont comme ces livres d’heures du Moyen-Âge, aux enluminures colorées et inspirées, chatoyantes et surprenantes. D’heureuses heures en perspective…

Marc Dumont – mars 2016